Chroniques maliennes
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Coup de gueule : la circulation à Bamako (et au Mali)

Le Mali est le pays le plus dangereux d’Afrique de l’Ouest, au regard des statistiques sur les accidents de la circulation : environ 3000 personnes meurent chaque année sur les routes maliennes. Et les routes ne sont pas nombreuses : un seul "goudron" traverse le pays.
Cette route nationale assez fréquentée est le théâtre d’accidents tous plus meurtriers les uns que les autres : un bus renversé et c’est en général la totalité des passagers qui meurent.
Statistiquement toujours, deux personnes par jour meurent sur le coup d’un accident de la circulation à Bamako, capitale du Mali. C’est évidemment sans compter ceux qui crèvent dans les heures qui suivent, chez eux ou à l’hôpital.
Il faut dire que le Mali n’est pas un pays exemplaire au niveau de la circulation, ni un pays ni fait des efforts significatifs dans ce sens...

L’état des véhicules d’abord. Tout le monde connaît cette légende : les pannes de bus en Afrique, on sait jamais quand on part, ni quand on arrive. Le problème est que des fois on n’arrive pas... Les véhicules sont dans état de délabrement assez avancé. Si vous comptez descendre une voiture d’Europe pour qu’elle finisse sa vie en Afrique, pensez-y à deux fois avant de venir vendre un vieux taco qui va peut-être causer la mort de maliens...

Parlons également de la pollution : en ville elle est insupportable. On se trouve souvent derrière un camion ou un sotrama qui lâche une atroce fumée noire...

Prendre le bus au Mali est terriblement dangereux. D’abord il tombe toujours en panne, surtout sur les longs trajets. Et puis, les chauffeurs ne sont pas prudents, il se foutent de la vie des passagers, et aussi de celle des "obstacles vivants" qui sont sur la chaussée : chèvres, moutons, vaches mais aussi... chameaux. Et ce ne sont pas les protestations des passagers qui les feront changer d’avis (c’est du vécu). Pour l’anecdote, pendant les vacances de Noël, sur le trajet Hombori-Bamako, nous avons : tué un chameau (donc failli nous renverser, en se prenant l’animal de plein fouet, entravé qu’il était au milieu de la route, il n’avait aucune chance, paux à son âme...), continué à rouler sans pare-brise, perdu une vitre arrière (appel d’air avec la moitié du pare-brise avant en moins), et pour finir l’allée du bus a pris feux suite à une crevaison à l’arrière, et nous avons du sauter par la fenêtre (finalement une bonne idée cette vitre en moins) à l’arrêt du bus. Nous avons cru mourir à chaque fois, et nous avons fini le trajet dans un autre bus, laissant le chauffeur bien décidé à réparer et repartir aussitôt...

En ville maintenant, deux problèmes majeurs se posent (en plus de l’état des véhicules et des routes) : la non connaissance du code de la route, et l’absence de maîtrise du véhicule.

En effet, qui connaît le code de la route au Mali ? Un pays dans lequel les panneaux sont rares et le marquage au sol inexistant. Les priorités n’existent pas, et les sens de circulation sont bien peu respectés, surtout par les deux-roues. Il n’est pas rare de croiser dans l’autre sens une moto ou un vélo sur une rue à sens unique...

D’ailleurs, quand on connaît les incohérences en matière de législation routière, on est sidéré. Le port de la ceinture est devenu obligatoire (à l’avant) depuis le 1er février 2007. Dans la plupart des taxis, il n’y a pas de ceinture, car elles ont été utilisées pour tracter des véhicules en panne...
Les deux-roues sont également concernés : la loi sur le port du casque obligatoire est passée, mais n’est pas appliquée. En effet, les femmes ont vivement protesté contre cette loi, car avec leurs coiffures elles sont dans l’impossibilité de porter un casque... Sans commentaire.

Quant au permis de conduire, ici on ne passe pas son permis, on l’achète... Car pourquoi suivre des leçons de conduite qui prennent du temps quand on peut avec 125 000F CFA (peut-être moins) obtenir le papier rose en quelques minutes ?

Pour ce qui est du véhicule, il suffit que le klaxon soit assez puissant pour se frayer un passage dans la circulation, et d’avoir des feux et clignotants en état de marche pour ne pas se faire arrêter par la police trop souvent.

D’une manière générale, le comportement des automobilistes est assez effrayant : en plus de la conduite au klaxon, on peut sur la route oublier les politesses et l’amabilité si chers au maliens. Sur la route, le comportement de l’homme au volant est universel : c’est le retour à la primitivité totale. L’autre est toujours perçu comme un ennemi, et c’est chacun pour soi. On ne recule devant aucun refus de priorité, aucun dépassement par la droite, aucune queue de poisson, et j’en passe et des meilleures. L’absence de code la route connu ne fait qu’augmenter les comportements douteux...

Des policiers font la circulation aux carrefours pour gérer le trafic, mais pas seulement. Absence ou panne de feux tricolores, non respect des priorités aux carrefours, la présence des agents de circulation n’est pas à discuter. Par contre, ce qui est à discuter, c’est leur manière de siffler les automobilistes de manière intempestive et de les faire se garer en catastrophe pour... leur soutirer de l’argent. Certes, tout le monde sait que les policiers ont un salaire de misère et arrondissent leurs fins de mois en faisant du racket auprès des automobilistes. Le problème c’est que souvent ils peuvent eux-mêmes provoquer des accidents avec ces pratiques qui obligent les gens à s’arrêter parfois au milieu de la route.

Je pense qu’avec cet état des lieux, vous n’avez pas envie de venir visiter le Mali ? Rassurez-vous, il y a bien d’autres choses positives dans le pays, simplement, automobiliste moi-même (après bien des hésitations) et conduisant en ville plus de 30km par jour, des fois je voudrais être moins stressée... c’est pourquoi j’ai décidé de partager mes angoisses à travers ce coup de gueule. Comme nous sommes en période électorale, peut-être que c’est également le moment pour une prise de conscience.

Post-Scriptum :

Désolée pour la qualité des photos, je les ai prises sur le vif au volant de ma voiture... Comportement dangereux au possible, j’ai préféré tenir le volant plutôt que de risquer un écart pour bien cadrer.

 
papou
Le 4 mars 2011
bravo et merci pour c’est informations sa me sera beaucoup utile au moment ou je partirai au mali.
 
castrais
Le 28 décembre 2011
pourquoi les automobilistes et motards aprendraient le code de la route les policiers ne le connaissent pas et arretent les gens pour n’inporte quelle raison et inventent une infraction pour avoir de l’argent je vis a cote de Bamako et j’ai une remorque entre la tour d’afrique et le pont des martyrs 5 fois arreté (insecurite routiere)ils demande la carte grise et la garde si vous ne demandé pas avoir le supperieur et au besoin son superieur pour savoir quelle infraction est commise il ne vous redonne pas la carte grise car au prochain control vous n’avez plus de carte grise et là c’est une infraction pour la mise en fourriere il faut leur expliquer qui payent les degats subit par le vehicule castrais
 
marine
Le 28 décembre 2012
Bonjour, impeccable, je tiens à souligner que votre apport me fut d’une réelle aide et à plusieurs reprises. Donc je vous gratifie grandement et souhaite que vous continuiez dans cette perspective.

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